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10 mars 2008 1 10 /03 /mars /2008 09:57

Merci, le temps !

 

            Le réveil fou, une grosse bosse sur le front, se tâtait les côtes. Il demanda au Camion quelle heure pouvait-il être et comme celui-ci était encore vexé du jeu de mots affreux que lui avait servi le réveil fou, il ne lui répondit pas.

            Le réveil fou, aussi fou que le dieu fou, ne s’affola pas. A un moment ou à un autre, il rattraperait bien le temps qui passait, et même si c’était l’inverse, il verrait plus tard. L’important c’était d’être à l’heure.

            L’ennui – il y en avait quand même un – c’était qu’il ne savait plus du tout ce qu’il avait à faire et hésitait, à juste titre, à le demander au Camion. Lui, il suivait sa route avec la fidélité de l’amant qui n’a plus de maîtresses et qui jouit d’un repos, sinon mérité, à tout le moins exquisément consommable.

            Le réveil fou se demandait même si, entre le Camion et la route, il n’y avait pas quelque chose qu’il n’avait pas bien compris…

            Sur ce, il se demanda aussi s’il avait vraiment quelque chose à faire – question à laquelle il ne répondit pas plus qu’à la première qu’il s’était posé (pour mémoire : qu’est-ce qu’il avait à faire ?)

            Il ne se rappelait pas que le dieu fou lui ait dit quoi que ce soit à propos de quoi que ce soit, ni même, comme d’habitude, à propos de n’importe quoi, et c’est alors que le réveil fou se rappela que c’était selon l’approche réciproque de l’incompréhension mutuelle qu’il décidait si oui ou non le dieu fou lui avait dit quelque chose.

            Le réveil fou se sentit soulagé, mais ça ne changeait rien à ce qui allait suivre.

            Et ça a suivi.

            Jusqu’à ce que le temps passe et s’arrête auprès du réveil fou, histoire de le remonter.

                                                    (...suite)

 

                                            

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