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9 mars 2008 7 09 /03 /mars /2008 13:49

  Qualités


            « Quelles sont les qualités que tu me trouves, chéri ? »

            Qu’est-ce que ça pouvait vouloir bien dire ?...

            Depuis hier soir le Camion se posait cette question, sinon d’autres que le manque de réponse à la première n’impliquait qu’à posteriori.

            « Quelles sont les qualités que tu me trouves, chéri ? » avaient été les derniers mots de Dominique !...

            Les derniers mots que le Camion avait entendus, bien sûr, le reste se perdant dans une suite de sons mouillés, chuintant au ras des dents d’un ascenseur qui décolle.

            Le Camion réfléchissait au point mort et tout contact coupé avec l’extérieur vu qu’il se trouvait dans un parking tout aussi privé et couvert que l’avait été la suite de monts souillés, suintant au chas des dents d’un escalier qui racole.

            Et que même si c’était pas ça, c’était pour donner une image de la précision avec laquelle le Camion se penchait sur la question.

            Il se mit en code – de tête – afin de percer le brouillard de son incompréhension.

            La lumière qui en résulta aurait pu éblouir la compréhension de l’Univers sans que celle-ci s’en aperçoive.

            Des qualités ?... ! (…) du côté performant : une bonne assise sur des pointes de vitesse suffisamment souples mais fermes en côte et même en descente, dans un confort où il y a tout ce qu’il faut partout, et devant et derrière, avec les rétroviseurs panoramiques à droite, à gauche et au milieu, les pneus imperméables mais pas trop pour pas que ça déjante, la crémaillère non voilée dans son approche du volant, et le fin du fin, l’antenne parabolique qui fouille les zones peu fréquentées !

            Le Camion se demandait même si… le radar… ?...

            Le sonar… ???...

            Des qualités ?... ! (…) du côté sécurité : les freins bien sûr, mais il avait les mâchoires si souvent humides qu’il se demandait… si le parachute… ?

            Il voyait pas bien quoi rajouter, à part les maladies qu’il pouvait contracter à tout moment par trop grande chaleur ou par froidure extrême.

            Il trouvait aussi, apparent paradoxe, que le quat’ quatre était plus sûr et plus attrayant.

            Il en était là de ses réflexions quand le dieu fou, l’air aussi hagard que d’habitude, le rejoignit.

            Dominique était restée près de l’ascenseur :

            « Je crois que tu les as trouvées » dit-elle en forçant la voix. Le dieu fou répondit par deux coups de klaxon qui, dans ce parking souterrain, retentirent comme trois cornes de brume en plein théâtre.

           
Même à l’oreille, le Camion n’y comprenait rien.   

                                                                                (…suite)


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